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Le salon de l'automobile de Genève annonce pour cette année 2015 une centaine de premières mondiales. C'est l'occasion rêvée d'analyser les chiffres concernant ces nouveautés et de se pencher sur les tendances du marché, notamment en termes de motorisation. Alors, la voiture de l'année sera-t-elle traditionnelle ou écologique ?

Présenter une première mondiale, c'est bon pour une marque. C'est même un excellent événement marketing, parce que cette nouveauté amène un focus sur l'activité du constructeur et permet en plus de montrer son dynamisme. Mais cela met aussi en avant les choix technologiques retenus et donne en quelque sorte une tendance du marché. Chaque année, les constructeurs attendent le Salon Automobile de Genève pour y présenter certains de leur derniers produits. Et pour Eco-Energie.ch, c'est aussi l'occasion de vérifier si le millésime 2015 du Salon comporte, comme l'annonce le communiqué officiel, « toujours plus de voitures écologiques et économiques ».

Les premières mondiales

Pour notre analyse, nous avons suivi les présentations, en nous concentrant uniquement sur la catégorie des premières mondiales, catégorie dans laquelle nous avons dénombré près d'une centaine de voitures. Nous avons identifié cinq types de véhicules différents: les prototypes / concept cars, les monospaces, les SUV, les voitures de sport et les berlines. Cette dernière catégorie est la mieux représentée, avec près de 35% de nouveautés, alors qu'à l'opposé, on ne dénombre que 10% de concept cars.

 

En se penchant sur le type de motorisation choisie pour chaque type de véhicule, nous découvrons sans surprise que les concept cars offrent l'éventail le plus riche. Il paraît normal en tant que laboratoire de tendance que cette catégorie propose des moteurs hybrides, électriques ou à essence, (ainsi que deux prototypes dont la motorisation n'est pas définie). Carton plein du côté des monospaces où l'essence règne en maître absolue. Idem pour les voitures de sport, ce qui est plus surprenant si l'on note qu'Audi, Peugeot et Toyota ont cartonné dans les courses d'endurance ces trois dernières saisons avec des véhicules à moteur diesel ou hybride.

Du côté des berlines, c'est presque 90% de moteurs à essence qui équipent les voitures, le reste en diesel. Au final, ce sont surtout les 12% de moteurs hybrides sur le SUV qui doivent nous réjouir.

 

Globalement, les motorisations des premières mondiales, tous types de véhicules confondus, sont classiques (thermiques) et pas vraiment tournées vers les énergies non fossiles. Le constat est rapide est sans appel. Avec seulement 2,5% du total des véhicules présentés en première mondiale à Genève, la motorisation électrique est le parent pauvre. Est-ce que, frileux en cette année incertaine, les constructeurs ont misé sur une valeur sûre, comme l'essence? Cette motorisation rafle la mise avec près de 80% des véhicules au global.

 

"Green cars"

Sur l'ensemble du salon, ce sont un peu moins de 80 véhicules qui sont présentés comme répondant à appellation « green cars ». Leur caractéristique étant d'émettre moins de 95g de CO2 par km. Cinq de ces véhicules seulement sont des prototypes ou des voitures de pré-série, tous les autres sont commercialisés, ce qui est une bonne nouvelle en soi. C'est aussi la preuve qu'une émission de CO2 réduite touche le public et devient un argument commercial. On retrouve ici, contrairement aux premières mondiales, l'éventail complet des motorisations : de l'essence au diesel, en passant par les hybrides, mais aussi des énergies telles que le gaz/biogaz, l'électrique ou la pile à combustible. Rappelons qu'il n'y a que ces deux dernières qui roulent sans émettre de CO2.

 

Le type de motorisation le plus représenté dans la catégorie « green cars » est le diesel, avec plus de 26% de véhicules présentés, mais des émissions qui s'échelonnent selon les données constructeurs entre 79g au km et la marque fatidique de 95, soit une variation de 16g entre les extrêmes. Ce type de motorisation est talonné par les véhicules électriques représentant 25% des green cars. Dans le peloton de tête, ce sont les véhicules hybrides (22,3% des green cars) qui suivent, mais avec des taux de CO2 s'étalant entre 37g et 89g au km, soit un écart de 52g ! Avec les véhicules à essence (14,5% des green cars), on se retrouve dans les taux d'émissions du diesel, tout comme les véhicules roulant au gaz (7,9% des green cars).

Pour fermer la marche, ce ne sont que trois véhicules (4% des green cars) qui sont présentés, mais avec un atout de choix à mettre dans la balance: la présence du plus grand constructeur, Toyota, avec un véhicule présenté en première européenne et commercialisé durant le deuxième semestre 2015 en Europe. Finalement c'est peut-être ça qui risque d'être le déclencheur « crédibilité » de ce type d'énergie. Honda avait tenté ce pari il y a quelques années, mais sa solution est encore présentée aujourd'hui comme concept car... Seul l'avenir nous le dira.